La Conservation et la collection des films

Cinematographe.org

Site Batfredland

Ce texte est principalement destiné aux collectionneurs de films argentiques et aux ciné-archivistes les plus curieux.

Nous vivons une époque de transition dans l'histoire du cinématographe et l'abandon du support film argentique, qui entrait dans la définition même du vocable " cinématographe " ; elle s'effectue (au moins déjà concrètement par le biais de l'étalonnage) au profit de nouveaux supports numériques et une dématérialisation du film dans le cadre de la convergence média. [Voir la page dédiée à cette question]
Cette réalité occupe beaucoup les esprits, à juste titre d'ailleurs, mais il ne faut pas oublier certains fondamentaux comme le fait que le support film argentique est toujours majoritaire dans le domaine des archives de films.

La matérialité du support film renvoie à la technique, au concret, aux matériaux (par ailleurs périssables) et pour certains à des problématiques " vulgaires " comparées aux questions esthétiques et historiques qui sont pourtant le fruit des contraintes et des possibilités liées au dispositif cinématographique. Sans la matérialité du film, sans ses possibilités et les contraites technologiques et les informations enregistrées sur un support (même numérique), il n'y a pas d'images et pas de film (ce que certains ne semblent toujours pas comprendre).

Le film, qui est de plus en plus perçu comme un simple "produit " doit aussi rester une œuvre d'Art accessible, ce à quoi peuvent aider ces collections.

Les collectionneurs de films de cinéma (photochimique / argentique) sont aujourd'hui moins nombreux avec la vidéo et spécialement le développement de la vidéo-projection ou du DVD ou du Blu Ray mais ils possèdent parfois des milliers de films, des centaines d'appareils des plus petits formats au 70 mm ! Il sont les gardiens d'une part non négligeable de notre patrimoine qui, si on en prend soin, peut être pérenne. N'oublions pas, que s'il n'y avait pas eu des collectionneurs pour les sauver du pilon (des haches puis des bains de solvant) nombre d'œuvres il n'y aurait pas, dans la plupart des cas, de cinémathèques ou de centres d'archives cinématographiques.

A toutes ces époques, des opportunités ont existé pour récupérer des films des gémonies pour ceux qui en avaient la volonté !
Historiquement, les collections de films se sont d’ailleurs faites assez souvent contre le système des grands producteurs et distributeurs français ou étrangers. On peut par exemple considérer qu’Henri Langlois, figure de proue de l’archive cinématographique, était un collectionneur privé et même qu’il a continué à gérer les collections de la cinémathèque française comme tel. Les fonds des cinémathèques d’aujourd’hui doivent beaucoup aux « collectionneurs », ce que de nouvelles générations de cinémathécaires ont tendance à oublier.

Ci dessus la cartouche LTO et le Blu Ray de ma fille Charlotte à l'attaquent le 35mm de papa Batfred. (zoom)

Il faut aussi se souvenir que, jusqu’aux années 1970, le support film était le seul moyen pour eux de disposer d’un film et avait à ce titre un usage "fonctionnel". Depuis la situation a évoluée et avec le cinéma Digital, le film prend des formes dites "immatérielles" via des fichiers vidéo sur des disques durs et le support argentique devient pour beaucoup un objet obsolète... donc assimilé à une "antiquité".

Cette page axée sur les problèmes de conservation des supports est faite pour eux (et ceux qui veulent débuter) en appui au Club du Cinématographe (créé en octobre 2003) des associations comme l'A.L.I.C.C (L'Agence de Liaison Inter-Collectionneurs du Cinéma) qui existe depuis 1987 et de ma thèse de doctorat en novembre 2009 sur la question des collections privées de films en support argentique en France. Elle s'inscrit aussi comme un complément à la visite virtuelle de la collection de Jeannot et mes autres pages sur le cinéma.

Ci dessus un projecteur Pathé Kok 28 mm de 1912 qui est à l'origine du cinéma pour les amateurs. (zoom)

I) Généralités et fonds institutionnels

- L'histoire du cinéma ressemble malheureusement à une gigantesque rubrique nécrologique. L’histoire de la « patrimonialisation » du film, s’est, faite lentement depuis 1898 et Boleslaw Matuszewski photographe polonais qui, de France, dans son texte Une Nouvelle Source de l'histoire émit l’idée de conserver les films.

Les aléas de la conservation des films dans le cadre de l’industrie du cinéma ont abouti à ce qu’un nombre considérable de films ait disparu et la première cause est non pas la destruction chimique des supports mais les vagues de destruction (recyclage des matériaux, accidents, etc.) qui ont été nombreuses depuis les origines du cinéma.

Contrairement à une idée reçue, la première cause de disparition des films n’est pas la dégradation chimique des supports mais l’indifférence et les destructions volontaires. L'histoire est ainsi émaillée de vagues de destruction du support film considéré comme objet périmé (en 1908 première vague de destruction pour récupérer les sels d'argent, 1925 à cause de l'invention de la pellicule panchromatique, 1930 avec le parlant, la crise économique et la chute de fréquentation, la guerre avec la récupération du film comme matériaux à la fonte (25 francs de l'époque du kg), puis, dans une moindre mesure, après la couleur ou les formats larges, etc. En 1959, il est interdit en France aux producteurs et distributeurs de conserver des films en nitrate (fabriqués jusqu'en 1953) d'où une "vidange" rapide avec un grand nombre de destructions à la clef pour s'en "débarrasser".
On peut rajouter à cela les destructions volontaires pour des raisons liées à l'obsolescence des sujets comme en France les grandes destructions de 1910 par l'Union des Grands Editeurs pour stimuler la production de films nouveaux. Jusqu’à une première prise de conscience de l’intérêt patrimonial ou financier du film « ancien », dans les années 1895 à 1930, le film était présumé comme ayant une valeur insignifiante.

Ci dessus 4 des supports les plus connus aujourd'hui par le grand public pour la diffusion les films :
le 16 mm en haut, le 35 mm en bas et pour donner l'échelle une VHS à gauche et un DVD à droite.

Des réseaux de centres d’archives de films, des bibliothèques du cinéma et donc des "cinéma-thèques", se sont développés tout d’abord comme lieux de connaissance, comme pour les premières cinémathèques éducatives des années 1920 avec des films ayant valeur de documents, pour devenir par la suite la mémoire d’un Art. La création de la Fédération Internationale du Film en 1938 a donné une impulsion mondiale à cette préoccupation .

Une dernière vague de création de cinémathèques régionales ou thématiques est depuis en cours à l’instar, par exemple, de Centre Images pour la région Centre, qui participe à un maillage du territoire français de plus en plus complet avec certainement une centaine de centres d’archives de tailles diverses mais trop souvent méconnus les uns des autres.

Une évaluation de 1989 réalisée par la F.I.A.F ( Fédération Internationale des Archives du film) montrait qu'environ 80% des films muets des premiers temps du cinéma (avant 1914) et 50% d'avant 1950 avaient irrémédiablement disparu.

La situation s'est semble-t-il améliorée depuis ce rapport avec d'une part une certaine réussite du plan "Nitrate" pour les films des premiers temps et un dépot légal (pour la France) plus exhaustif à partir de... 1994. Beaucoup de films, pour diverses raisons (édités à moins de 6 copies, sortis avant 1977 et pas archivés, méprisés comme les films institutionnels ou bien sûr les films de famille, etc.) ont échappé au système qui par ailleurs ignore royalement les collections privées.

Seulement 35 à 40% de court-métrages ont été déposés début 2008 au dépot légal depuis le début des années 1990. Il reste un grand nombre de films, par exemple, des années 1970-1980 ou des films institutionnels qui sont menacés car n'ayant intéréssé que trop peu d'archives comme certains documentaires, etc.

De par l'importance de la production cinématographique et audiovisuelle, le problème est un puits sans fond. Selon une étude de l'U.N.E.S.C.O le patrimoine audiovisuel mondial (sans les films "amateurs") était estimé autour de 200 millions d'heures en 2005 dont 80% menacé d'ici 10 ans (surtout en fait la vidéo sur support magnétique).

Ci dessus un stock de K7 magnétiques 1 pouce du CNDP sur le site de Montrouge avant le déménagement de 2010. (zoom)

De nos jours, "l'incendie" de cette grande partie de notre patrimoine culturel est donc diffus mais certainement d'une ampleur comparable dans le domaine du film (dont on sait l'importance qu'il occupe dans l'histoire et la culture contemporaine) puisqu'en 2010, un français (de plus de 5 ans) regardait la télévision en moyenne 3 heures 42 minutes par jour ! La situation ressemble à la gravité de l'incendie de la grande bibliothèque d'Alexandrie (en 47 av JC) mais d'une façon plus diffuse et invisible. Cela est d'autant plus vrai que beaucoup de films sont d'ailleurs en support unique (comme en 2005, au moment du lancement d'un grand programme de numérisation, 80% des films de l'I.N.A. (l'Institut National de l'Audiovisuel).

Plus de 120 grandes institutions situées dans plus de 65 pays récupèrent et assurent officiellement la sauvegarde de l'histoire du cinéma de ses débuts jusqu'à nos jours. Elles sont réunies au sein de la F.I.A.F (Fédération Internationale des Archives du film). Cette fédération créée en 1938 réunit les institutions qui, dans chaque pays, se consacrent à la recherche et à la conservation des films comme par exemple en France : le C.N.C (Centre National du Cinématographie) qui compte au moins 132 000 titres de films dans ses collections, l'I.N.A (Institut National Audiovisuel) pour les images de télévision (qui durent être reportées sur films pendant longtemps pour leur conservation) et l'E.C.P.A-D (Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense) pour les archives miliaires ou produites par l'Armée. Ces établissements (par la création du dépôt légal en 1943, puis en 1976 par un décret du 23 mai 1977 et enfin un du 31 décembre 1993) ont avec les quelques autres Cinémathèques officielles la responsabilité de la conservation des films sous leur double aspect de biens culturels et de documents historiques.

Signalons que de nombreuses cinémathèques régionales se sont faites jour comme en 1986 la Cinémathèque de Bretagne ou des cinémathèques thématiques. Il existe en France des centaines de structures méconnues où l'on peut trouver des films argentiques.

Il ne faut pas oublier que c'est principalement à des collectionneurs comme Henri Langlois que l'on doit sur leur propre initiative (privée) la fondation de la Cinémathèque française en 1936 (dont les nouveaux locaux du "51 rue de Bercy" sont ouverts depuis la rentrée 2005).

Les institutions comme la Cinémathèque française (dont le stock principal de copies est au fort de Saint-Cyr) ou les A.F.F (Archives Françaises du Film) du C.N.C (au Fort de Bois d'Arcy) se sont lancées dans de grands programmes de restauration et de sauvegarde du patrimoine filmique. Comme particulièrement le "plan Nitrate" qui visait à sauver les films sur ce support (inventé en 1887-1889 par Hannibal Goodwin), c'est à dire tous les films en 35 mm sortis avant les années 1951-1953. Ce support qui est hautement inflammable (son autre nom est d'ailleurs le "film flamme" à cause d'un de ses composants : la "nitrocellulose" qui composait aussi les explosifs) s'autodétruit avec le temps pour devenir irrécupérable et ce même dans de bonnes conditions de stockage.

 

Ci dessus démonstration de l'inflammabilité d'un bout de film en support nitrate. Il s'agit donc d'un support 35 mm d'avant 1953.

Pour beaucoup de films Nitrate, il était déjà trop tard car la prise de conscience a été tardive, puisque le plan n'a été initié qu'à partir de 1990 et exécuté en 1991 jusqu'en théorie en 2006. Le CNC par exemple a permis (via un transfert vers des supports safety) de sauver plus de 15 000 œuvres en 15 ans pour 80 millions d'euros (même si pour ma part, et comme d'autres, j'en retrouve encore régulièrement).

Ci dessus un film nitrate après décomposition (zoom possible) vu dans un collège qui avait muré sa cabine de projection depuis des décennies.

Ci dessus le type de spectacle que j'ai connu lors d'un passage fin 1999 à l'E.C.P.A. (à l'époque "Établissement Cinématographique et Photographique des Armées") parmi les films du Service de Santé des Armées de 1916 à 1923 sur lesquels j'ai travaillé (en particulier sur la syphilis et les troubles psychiques liés à la première guerre).
J'ai donc vu personnellement, pour la dernière fois au monde, une douzaine de films de ce service qui n'ont pas été sauvés car dans un état de dégradation relativement avancé (surtout en terme de" retrait" / rétrécissement de la pellicule) et donc refusés par les prestataires (externes). Adieu "Danses serbes" et autres moments de vie des soldats de la Grande guerre !

Une société privée française connue : Lobster films participe à la sauvegarde des films anciens avec une indéniable efficacité en partie due à la médiatisation des manifestations qu'elle organise comme les soirées et l'édition des DVD "Retour de flamme". Elle coordonne une initiative europénne Europa Films Treasures qui propose des films restaurés gratuitement en ligne. (Site web auquel j'ai collaboré en 2009 pour des textes et définitions - voir la page pro).

Ci dessus un film nitrate en pleine "détente" à l'acétone ! Sous la même forme une alternative (en bocal) est utilisé sous le nom de "dessicateur" (avec de la silice qui absorbe l’eau et stoppe ainsi le d’acide). (zoom possible).

Quid de la conservation des films dits "Safety" ?

La prise de conscience est tardive et malheureusement encore très incomplète. Le problème de la conservation "d'images animées" (donc aussi de la vidéo) doit nous faire agir pour que nos enfants, dans le futur, n'aient pas à restaurer les films que nous n'aurons pas pu, par manque de moyens et de volonté, sauvegarder correctement dès aujourd'hui. Combien de films "anciens" sont par ailleurs conformes à la copie originale du fait de transferts de support souvent approximatifs ?
Le problème touche aussi les films plus récents sur les supports qui n'ont pas toujours été conservés comme ils auraient du avec, par exemple, des conséquences au niveau des couleurs.

Le 35 mm est devenu dans les années cinquante "Safety", c'est à dire "ininflammable" (à l'instar des petits formats dits "sub-standards" comme le 17,5 mm, le 16 mm, le 9.5 mm, etc. depuis 1912 et le lancement du Pathé "Kok" de 28mm). Le support film de "sécurité" ne présente donc aucun danger à la manipulation et est beaucoup plus stable chimiquement car en Acétate (di acétate fabriqué de 1922 à 1957 puis tri-acétate) mais le syndrome du vinaigre peut l'affecter. Celui-ci est en train de devenir une priorité et est d'ailleurs au moins aussi important que le Nitrate.

Ce syndrome du vinaigre est lié à la présence d'acide acétique, qui s'évapore jusqu'à un point "autocatalytique" et la destruction totale est alors inévitable en quelques années (il semble que les films édités entre 1960 et 1975 soient plus sensibles au processus). Un manque d'aération, une forte humidité ambiante et des variations de température (avec des températures élevées) semblent déclencher le processus. L'ECPAD a pris (comme j'ai pu le constater lors d'une visite en octobre 2006) le problème à bras le corps en lançant la construction de nouveau locaux fortement réfrigérés et en plaçant des bandes pH dans les boites présentant les premiers signes de la pathologie, ainsi que des cateurs. De nombreuses cinémathèques font aujourd'hui de même.

Ci dessus un détecteur interrogeable à distance via un ordinateur (zoom possible.)

Du côté de l'émulsion (l'image), si le Noir et Blanc est bien sur très stable, les films couleur virent, même insensiblement, dès 6 ans de stockage sauf dans des cas particuliers comme le "Technicolor historique" dont le dernier film utilisant un positif de cette nature a été en Occident The Godfather: Part II de Francis Ford Coppola en 1974 (outre les tirages couleurs de Chine Populaire jusqu'en 1993). Dans une moindre mesure c'est aussi vrai pour le Kodachrome à la production arrêtée en 2006-2009 par Kodak.

Un groupe de travail commun réunissant les archives du film, des professionnels de l'image et la C.S.T (Commission Supérieure Technique), s'est penché fin 1996 / début 1997 sur la question des problèmes de conservation des vieux films "Safety": vieillissement de l'émulsion, décrochage des couleurs, etc. Il est indiscutable que le problème est encore assez mal méconnu dans les détails du procesus. L'attention des professionnels et du public se porte quasi exclusivement pour le moment sur les "plans nitrate", comme celui du CNC en France, relayé par une politique de valorisation et de diffusion des cinémathèques des premiers films du cinéma. C'est déjà une chose, mais ne vaudrait-il mieux pas "prévenir que guérir" ?

A partir des années 1960 pour certains fabriquants (spécialement de pellicules Super 8) mais surtout depuis les années 1985 le support polyester (téréphatalate de polyéthylène) l'a progressivement remplacé. Depuis 1997, toutes les copies sont sur ce support qui est si résistant que pour les négatifs la marque kodak reste en support tri-acétate pour ses négatifs qui pourraient abimer les griffres des caméras. Il présente de grandes qualités mécaniques et une excellente stabilité (on parle même d'une conservation du support entre 500 et 1000 ans) mais ne résout toujours pas les problèmes de conservation de l'émulsion. Selon certaines "mauvaises langues" c'est même un problème qui s'aggrave de par la nature de plus en plus "consommable" et industrielle des dernières copies actuelles avec un standard de qualité à la baisse (en particulier depuis l'arrivée du numérique). Il me semble, comme à d'autres collectionneurs, que ce support séche vite et devient collant... Alors ?!

Le numérique bien sûr est aussi devenu un moyen de conservation des films (après avoir facilité entre autres leur restauration) mais cela n'est pour le moment valable (dans l'absolu) que très partiellement. Pour le moment, je rappelle que le seul support pérenne pour la conservation des films est toujours le 35 mm en support polyester et aucune instance internationale comme la F.I.A.F. (la Fédération Internationale des Archives du Film) ou l'U.N.E.S.C.O. n'a encore désigné un support numérique capable de la même performance.

Un travail de restauration, voire de reconstitution d'une partie des "photogrammes" manquants ou abîmés peut être indispensable pour que l'œuvre puisse à nouveau être montrée au public. Pour les films sonores, il faut souvent restaurer le son, les couleurs et.. en numérique tout est plus facile même si.. Comme vous pourrez le lire en détail sur les autres parties du site qui comparent les supports argentiques et numériques, aujourd'hui, il n'existe toujours pas de moyens de réaliser (économiquement) une sauvegarde à qualité égale (c'est à dire sans pertes dues à un transfert de support qui n'est jamais neutre).

Photogramme d'une copie 16 mm dont l'émulsion a été fortement endommagée par un champigon (zoom possible.)

Si les moyens existent d'une reproduction 100% fidèle, elle est encore inaccessible et beaucoup de restaurations sont effectuées dans une définition (résolution) et des réglmages trop proches de la Télévision Haute Définition (TVHD / HDTV), en particulier dans l'optique de l'exploitation en "D-cinema" (cinéma numérique). C'est dommage car c'est une "vision" au rabais de ces films et même si je concède que c'est mieux qu'un DVD classique, c'est une image d'une autre nature (car vidéo).

Si tout va très vite dans l'accélération des progrès techniques.. parfois la technologie n'est pas aboutie et par exemple beaucoup de restaurations numériques effectuées les années passées en SD (Standard Définition en vidéo) ou même en 2K (en HD et TVHD) sont à refaire avec l'arrivée du Blu-Ray ou du 4K en salle. Il en va de même, bien sur, pour l'édition vidéo (y compris via lnternet) car il va falloir refaire, encore et encore, la grande majorité des télécinémas à partir d'images en "qualité argentique".

En outre, pour des raisons plus industrielles (contrôle de la diffusion et économies) que qualitatives, dans ce futur proche, il ne fait aucun doute que le support film soit amené à disparaître et il se pourrait, comme cela arrive déjà (et pas qu'aux USA), que certains films ne soient plus accessibles que via des technologies de vidéo actuelles.

Ci dessus ma petite collection de supports vidéo d'une bande 2 pouces en passant par l'UMATIC, le V2000, la Betacam Sp, un laserdisc, une V8, un HD DVD, etc. (zoom)

Il serait inconcevable, alors que de nouveaux moyens technologiques permettent d'espérer une parfaite stabilité de conservation des films dans un futur proche, qu'une politique vigoureuse et systématique ne soit pas prise, dès aujourd'hui, pour préserver les images du présent "film et vidéo" ou de notre passé proche dans une vraie Haute résolution à la hauteur des performances du film photochimique / Argentique.

Dans certains cas comme pour l'INA, il est très logique que le numérique supplante l'analogique sans attendre le report sur support film de la vidéo pour sa conservation (puisque la TV se tourne en grande partie en numérique). En numérique, il n'y a pas (en gros) de pertes lors des copies mais pour les films de cinéma, c'est une autre affaire. Même si le film 100% argentique est en train de disparaître par l'étalonnage numérique (actuellement généralement en 2K en France et en 4K pour les grosses productions américaines) ou les tournages en numérique (de plus en plus en 4K après une tragique période de transition), il est quand même dommage du point de vue patrimonial de griller les étapes ou simplement oublier qu'un film d'archive existe nativement sous une forme différente.

De nombreux employés ou même de cadres de certaines cinémathèques n'ont aucune connaissance dans le domaine des supports (même si celà s'arrange via des formations comme celles que je dispense à l'INA).. Et sont parfois comme "une poule devant un couteau" si on leur montre une copie de film (spécialement dans un format un peu rare) ! Comment a-t-on pu en arriver là même si l'arrivée constante de nouveaux supports se juxtapose avec de nombreuses technologies d'enregistrement anciennes.

Dans le même registre, j’ai été, jusqu’à présent, très souvent saisi devant l’ignorance ou au mieux la "circonspection" de nombre d’acteurs du monde officiel des archives cinématographiques, des programmateurs, des distributeurs et même des ayants-droits vis à vis des collectionneurs ! D'où mes effeorst sur le sujet et mon thème de recherche.

J’ai voulu comprendre, pourquoi on en était arrivé à la situation actuelle: les collectionneurs [significatifs] de films argentiques restent souvent en marge de la prise de conscience institutionnelle des problèmes de conservation du support film. Ces collectionneurs privés.. « individuels » sont, pourtant , de fait, de façon cumulée, les gardiens d’une part non négligeable du patrimoine audiovisuel.. D'où mes recherches !
A quelques exceptions près, on peut établir le constat d'une incommunicabilité croissante depuis la fin des années 1970 jusqu'au nos jours entre un certain nombre d’acteurs du secteur des archives audiovisuelles ayant des carnets d’adresses presque vides et le milieu des collectionneurs. Il existe une défiance (générale) de part et d'autres sur ce sujet, en raison en particulier, de l'évolution du climat légal mais aussi historique et sociologique, alors, qu'enfin, il y a une prise de conscience sur la notion de patrimoine audiovisuel. C'est pour ses raisons que j'ai voulu faire une thèse sur le sujet des collections privées de films de cinéma en support argentique en France.

Ci dessus l'ancêtre de la K7 vidéo : la K7 film avec du Super 8 utilisé pour ce modèle dans les forums d'exposition dans les années 1970 ! Un objet très courant en son temps qui est devenu une rareté aujourd'hui.

Souvent considérées comme vieillottes, ou avec mépris, les copies "argentiques"/"photochimiques", bien avant les ravages du temps continuent de disparaître, dans un pays si fier de ses "archives du film" et de son patrimoine. Certains types de films considérés comme secondaires sont plus concernés que d'autres.

S'il y a 40 ans, les films se retrouvaient souvent sur les trottoirs ou dans les poubelles (dans l'indifférence générale), c'est bientôt peut-être de grandes quantités de films argentiques qui vont les rejoindre à nouveau avec déjà des milliers de projecteur (surtout depuis 2010/2011) ! Comme d'habitude, il n'y aura pas que des copies multiples mais de petits films uniques (même de famille) témoignages d'époques révolues.

Des tonnes de copies de films sont encore régulièrement détruites au delà de la réglementation qui l'impose comme pour le 35 mm après exploitation commerciale. Il s'agit en théorie de copies multiples mais des incidents peuvent aboutir à ce que la raréfaction des copies "complique" leur accessibilité et qu'un nombre très réduit de copies conservées ne devient nul au 1er incident venu.

Ces destructions ont aussi pour but de forcer les utilisateurs à passer par la vidéo au regard d'une demande de plus en plus faible pour les "copies de prêt en support photochimique" et de libérer de l'espace dans des centres d'archives encombrés. Par exemple en 1996 le C.N.D.P (Centre National de Documentation Pédagogique) (où j'ai fait un petit séjour à Montrouge en 1997) et l'ECPA en 2000 (après mon passage en 1999) ont détruit des tonnes de films même si dans ces cas le geste était motivé par ce qu'on pourrait qualifier d'une politique "pragmatique" liée au changement de statut de l'établissement (qui est devenu un Etablissement Public Administratif) et à la perspective de l'abandon de l'argentique comme moyen de diffusion, de communication ou de production (en 1992 pour le CNDP et en en 2003 pour l'ECPAD).

Cependant un film, quel qu'il soit (même un positif), devrait être considéré comme un document unique jusqu'à preuve du contraire ! Ils participent même dans le cas des films amateurs à la sauvegarde de la mémoire collective.

Le film amateur est de plus en plus receuilli et valorisé par les centres d'archives régionaux comme depuis 1986 la Cinémathèque de Bretagne ou depuis 2006 Centre Images (qui dispose d'une très belle infrastructure à Issoudun). De nouveaux émergent comme la Cinémathèque d'Auvergne et ils auront un rôle important à jouer pour sauvegarder notre mémoire collective.

 

Un de nos films de famille sur le battage des blés vers 1964 au Maroc

Certaines grosses entreprises commencent d'ailleurs, avec cynisme, à prendre conscience de la valeur patrimoniale de ces images, qui les concernent mais qui ne les intéressaient plus, pour meubler leurs sites vitrines sur le "web 2.0" par exemple mais quelle soit morale ou finacière... Ce qui compte c'est que la motivation à sauver les films existe.

Les pertes accidentelles existent aussi comme, par exemple, pour la seule Cinémathèque française : l'incendie des entrepôts de films au Pontel en août 1980 avec 80 000 bobines (soit entre 7000 et 12 000 films dont beaucoup de négatifs originaux) ou, plus récemment, pour le "non film", l'innondation du musée du cinéma au Palais de Chaillot en 1997 et un incendie à la Bifi le 28 janvier 2002 plus de 13 000 cartons d’archives stockés… Gaumont-Pathé archives ayant connu également il n'y a pas si longtemps une innondation ayant porté atteinte aux négatifs originaux d'un film très connu. A l'étranger, comme en allemagne des incidents du même ordre ont eu lieu.

Les accidents sont juste une question statistique (ce dans tous les domaines) et ils sont avec le temps quasi inévitables. Les collectionneurs de cinéma sont donc aussi, même avec de simples positifs, une sécurité de plus pour un système qui a tendance à regrouper tous les oeufs dans le même panier (par exemple pour une grande part des négatifs français sur un seul site dans l'Yonne chez un prestataire privé).

Ci dessus mon ami et partenaire de Ciné de papa Bruno Bouchard en train de "creuser" dans un fonds en plein air (zoom possible)

 

II) Amis collectionneurs, les raisons de continuer !

L'arrivée de la télévision (surtout à partir des années 1960 en France), puis à la fin des années 1970 l'arrivée du magnétoscope dans les foyers ont concurrencé le support film. Les ciné-clubs (alors en en vogue) ont dans leur grande majorité aujourd'hui disparu et avec eux un certain esprit cinéphilique, une certaine fétichisation et magie prêtée au support photochimique. L'arrivée du "Cinéma numérique" annonce une nouvelle ère où le "cinéma" (vocable dérivé de la technologie du "cinématographe") va être détaché du support qui fut le sien pendant plus d'un siècle !

Certes, beaucoup d'entre vous ont choisi de passer à la vidéo, avec la démocratisation de la vidéo projection depuis les années 1990 et l'arrivée du DVD à partir de 1997. Mais d'autres font toujours du 70 mm ou on voulu reconstituer le dispositif cinématographique jusqu'à recontituer ou posséder une salle conforme à leurs rêves de cinéma !

Ci dessus un bobino de 16 mm à coté d'une bobine de 70 mm (zoom possible).

Le déclin de la collection de films s'est donc amorcé avec la concurence de la vidéo et et petit à petit l'arret de la location-vente mais aussi des prêts (dans les ambassades ou les ministères par exemple) alors que les moyens de trouver des films étaient pécédement nombreux de même que les catalogues. Il est par exemple curieux de se dire que, dans le cadre de séances non commerciales, certains films qui étaient prêté gratuitement en 16 mm (comme ceux de l'Office National du film du Canada) sont aujourd'hui hors de prix.

Les moyens de se procurer des films ont été et sont encore nombreux aujourd'hui de la salle des vente aux petites annonces sur Internet en passant même par les saisies de douanes. Dans la pratique, il fut possible de trouver des films d'édition (pour les amateurs) en France au moins jusqu'en 1977 pour le 16 mm et jusqu'en 1993 pour le super 8, sans parler de la liquidation des stocks et l'occasion jusqu'à nos jours. Een Grande-Bretagne pour le Super 8 et le 16 mm il était possible de trouver des copies neuves en format sub-standard jusque vers 2010.

La disparition progressive des officines spécialisées dans la location-vente des films argentiques (Gayout, Goulard, Shaffar, jusqu'à Nouchy avec Occafilms en 2001) a modifié la nature des échanges plus orientés vers Internet (dont e bay) et les foires (bien qu'il existe encore au moins deux marchands en France début 2012 dont "La Bande des Cinés" à Paris).

Ci dessus puclicité de la fin des années 1950 pour la première officine du genre jusqu'aux années 1980 (zoom possible).

Collectionner dans notre pays (1er pays au monde en nombre de lois et règlements) où tout est interdit jusqu'à preuve du contraire, est chose difficile, spécialement depuis l'arrivée de la vidéo, car la peur de la diffusion massive préoccupe les ayants droits ou les pouvoirs publics (qui ne semblent plus connaître et légiférer qu'à partir de la vidéo.. et du Peer to Peer aujourd'hui d'ailleurs en voie de disparition).

Suite à quelques affaires entre 1964 et jusqu'à ces dernières années (nées de dénonciations anonymes de personnes qui mettaient généralement de grosses listes de films à la vente), la parano s'installe, petit à petit chez des collectionneurs qui se replient sur eux mêmes. Il ressort pourtant des procès qui ont eu lieu que c'est "la mise à disposition du public" (même gratuitement) qui est répréhensible et pas leur possession (même en 35 mm). Nous pouvons d'ailleurs nous appuyer sur la cassation du cas "Gayout" affaire non déjugée depuis l'arrêt du 17 mai 1973 : "La détention d'un film sans que son détenteur soit cessionnaire du droit de représentation n'est pas illicite, mais qu'en revanche constitue une diffusion prohibée par la loi" .. mais il est sans doute préférable de rester discret surtout pour le 35 mm (même pour les collectionneurs ayant pourtant une démarche très éloignée des fans de la consommation massive de DivX ou streaming sur Internet).

Pour la plupart des films en format sub-stardard la loi est la même que pour la vidéo... Ni plus... Ni moins non plus.

Ci dessus rappel sur une boite de 16 mm équivalente aux avertissements sur les vidéogrammes (zoom possible).

Les formats substandards sont parfois même assimilés par le code des impôts français à des "métaux et objets précieux" mais il faut se méfier d'une réglementation complexe, changeante et parfois même contradictoire (pour le 16 mm en particulier), c'est ce que les magistrats, eux mêmes, appellent "l'insécurité juridique".
Certains, sont parfois en droit de penser que "c'est hôpital qui se fout de la charité" mais le principe "de précaution" est de mise et c'est une raison de plus de rester propriétaire de vos films. Le plus important, c’est que même en marge de la loi, les collectionneurs ont réussi à préserver des films dont personne ne voulait plus, même dans certains cas leurs propres ayant-droits.

Il faut cependant faire attention et ne pas collectionner de films en support nitrate en quantité, car c'est interdit (pour une fois à mon sens à juste titre), ni donc projeter en dehors de chez vous ou en public des films sauf : des copies tombées dans le domaine public (bien restreint en France.. attention aux ré-éditions), les films vendus à l'origine avec des droits non commerciaux spécifiques ou une autorisation particulière devenue quasi impossible à obtenir du fait des fédérations de ciné-clubs qui font barrage.. comme dans le cas de la vidéo (ni plus.. ni moins).

N'oubliez pas de toute façon qu'en France, nous sommes au pays des dénonciations anonymes (de 3 à 5 millions entre 1940 et 1944) et que vous n'irez pas loin avec vos copies, surtout si vous rentrez en concurrence avec plus gros que vous (un cinéma de province ou un distributeur sourcilleux même avec un titre qu'il n'aura jamais et pour une séance gratuite). L'air du temps n'est plus franchement bon enfant dans ce domaine comme dans d'autres (et "judiciarisation", "pénalisation" sont les nouveaux mots que nos enfants apprendront dès la maternelle).

Se pose donc le problème de la visibilité des films (dont la première fonction est pourtant d'être vu) et de l'inventaire de ces collections au statut de plus en plus ambigu (malgré la part importante de films d'éditions équivalant statutairement aux vidéos d'aujourd'hui et la valeur patrimoniale de beaucoup d'autres). C'est un problème qui se pose avec aux derniers ciné-clubs ou même à des cinémathèques comme, pendant très longtemps, à La Cinémathèque Universitaire à Paris.
Certes comme disait Malraux : "par ailleurs, le cinéma est une industrie", mais c'est quand même aussi un "Art" ! .. Non ?
Nombre de films dormiront donc encore longtemps en attendant des jours meilleurs.. C'est à dire plus "d'intérêt".. de la part des politiques, de pseudo "conservateurs" et de distributeurs moins obnubilés par la seule rentabilité (ou une occasion de rattraper leurs négligences passées) et plus par : le Cinéma (avec un grand "C" qui est peut-être d'une nature plus "Cinéphilique") !

Ci dessus une très rare maquette de placement d'un ciné-palace de province (L'Eden à Cosne sur Loire). Ce type d'objet (qui appartient au collectionneur Bruno Bouchard voir le lien cinéma) a presque complétement disparu.

Beaucoup de cinémathèques rechignent à montrer ou à prêter leurs copies argentiques. La logique de la conservation s’oppose de plus en plus souvent à celle de la communication des œuvres. Alors qu’une certaine cinéphilie traditionnelle disparaît et que les cinémathèques se transforment, que va-t-il rester de la possibilité de voir certains films ? En particulier dans le cadre du passage au numérique dont les catalogues serront forcément assez pauvres en films anciens pendant longtemps. Des distributeurs ne cherchent même plus, et depuis quelques années, à diffuser leur propres films pour des programmations ponctuelles dans des festivals par exemple... C'est "compliqué et pas assez rentable".

Dans mon travail de thèse sur le sujet, je proposais, en 2009, par ordre décroissant des apports possibles en volume par rapport aux manques, la liste suivante de ce à quoi peuvent aider les collectionneurs français sur le plan patrimonial :
- Films amateurs en support photochimique de toutes époques et provenances
- Bandes annonce de films de long-métrage de toutes provenances avant 1994
- Courts-métrages de fiction en support photochimique de toutes périodes
- Films institutionnels en support photochimique de toutes époques et provenances.
- Films documentaires photochimique de toutes provenances avant 1994
- L’ensemble de la production pornographique des débuts du cinéma à 1994
- Films de long-métrages français des années 1960 à 1989
- Versions françaises de films de long-métrage étrangers avant 1994
- Films de long-métrages étrangers de toutes époques avant 1994
- Séquences de films de long-métrages français avant 1940
- Intertitres de films muets

La loi et les règlements qui visent à protéger l’intérêt des ayants-droit des films peuvent aussi, dans de nombreux cas, rendre les films invisibles. Si l’on peut comprendre la logique de fond des limitations à la liberté de diffuser des contenus audiovisuels, il n’en demeure pas moins que cette restriction de l’accès à la culture est ambivalente sur le plan de l’intérêt des œuvres elles-mêmes dont la raison d’être est d’être connue et diffusée. Demander pas moins de 800 euros de droits pour la diffusion, en "non commercial", dans le cadre d'une cérémonie de mémoire... pour 7 secondes d'un film de 1919 (je sais de quoi je parle)... aboutit à ce qu'on ne puisse voir ces images (bien que le désir en soit très fort (dans de petits ciné-clubs par exemple)).

Dans mon travail de thèse sur le sujet, je proposais, en 2009, je proposais également la liste ordre décroissant des apports possibles en volume par rapport aux besoins mais aussi de la demande "programmatique" en particulier pour le cinéma « non commercial » :
:
- Films de long-métrages étrangers de toutes époques.
- Films de long-métrages français de toutes époques avant 1990
- Films burlesques américains du cinéma muet
- Bandes annonce de films de long-métrage de toutes provenances
- Films documentaires de toutes provenances avant 1970
- Actualités cinématographiques (généralemnt pour des projections non déclarées - donc illégales).
- Films publicitaires avant 1970

Dans un autre registre, les prix des objets de cinéma ont flambé ces dernières années : les affiches, les carters, les projecteurs, les films en Super 8, les scopitones etc. ont vu leurs prix carrément doubler (avant de redescendre un peu à partir de 2010). Il y a certainement plusieurs raisons à cela : la raréfaction du matériel qui vieillit, l'élargissement de la clientèle via Internet aux "Bobos" (qui ne sont pas toujours regardant sur les prix), le passage à l'Euro et enfin la logique spéculative de beaucoup de "marchands".

Malgré tout cela nombre de collectionneurs de films résistent encore (et sont peut-être encore 1000 ?! parmi les 100 000 collectionneurs français de cinéma (que rencençait, il y a déjà une décénnie, une étude de la documentation française). Ils ont encore envie de conserver du support film argentique pour faire fonctionner leurs appareils de cinéma et possèdent parfois de vraies musées !

 

Ci dessus un petit film sur ma visite avec d'autres amis collectionneurs chez Jack qui projette toujours à l'Arc. [Juste une précision sur la nature de la captation - Il s'agit au départ d'une vidéo "témoin" (avec des images assez sous exposées et furtives mais je pense intéréssantes sur le plan de la technique en attandant de nouvelels images)]


Voyage à Vierzon par lamosmeunier
Ci dessus le reportage de France 3 (plus pro), sur cette même journée ainsi que l'inauguration d'une exposition à Bourges par Bruno Bouchard fin 2009 exemple de valorisation d'un fonds

Puisque nous sommes encore nombreux, nos ressources cumulées valent pourtant peut-être celles de la Cinémathèque française!

Dans un sondage que j'ai effectué pour ma thèse (fin 2005 - début 2006), 1/3 des collectionneurs consultés déclarent une collection de plus de 100 films de long-métrage même si l'âge moyen du collectionneur de films français est assez avancé avec, pour l'ensemble des personnes interrogées début 2006, une moyenne d'âge de 60 ans.

Dans une semi illégalité, certains particuliers disposent de collections importantes tant sur le plan de leurs volumes que parce qu’elles sont souvent constituées de films « à la marge » du système en 16 ou 35mm. Ils disposent ainsi parfois de titres délaissés par l’édition vidéo, ou absents chez les institutionnels chargés de collecter les copies ou encore dont les ayants-droit n’ont voulu conserver leurs films après leur exploitation initiale. Alors à qui la faute !? Les collectionneurs privés ont un rôle à jouer en étant bien souvent moins élitistes dans leur démarche que les cinémathèques officielles et en stockant (donc en préservant) des films le « tout venant », c’est-à-dire de permettre de sauver des films qui manqueront peut-être aux cinémathèques du futur.
Le collectionneur est en effet guidé par le hasard ou par sa subjectivité, avec une logique différente des échelles de valeur économiques, esthétiques ou historiques habituelles.

Sur le plan des formats, même si le 16 mm est encore le plus répandu avec 90,5% d'équipés (non exclusifs ou pas), certains particuliers sont les seuls à posséder en nombre certains formats rares (17,5mm, 22mm, 28mm etc..) et sont capables de les projeter. 71,7 % des sondés possèdent plus de 5 appareils et l'un même 1000 ! Dans mon sondage, le 35 mm est en fait assez courant avec 44,6% de collectionneurs d'équipés dont certains nouveaux entrants de manière exclusive.

Ci dessus un des projecteurs 35 mm à Arc en service dans la grande salle privée (en vidéo plus haut) qui est un ancien ciné-palace qui a eu jusqu'à 650 places. (zoom)

Que cela soit pour les films mais aussi pour le matériel technique (projecteurs), nous allons devenir des témoins de cette époque en passe d'être révolue, celle du Cinématographe, "le vrai", sur support photochimique. Par ailleurs nous pouvons nous réjouir de la longévité de la capacité opérationnelle des projecteurs et des caméras de cinéma. Leur rusticité permet généralement de les utiliser plus de 50 ans là où une quinzaine d'année est un grand maximun pour le matériel vidéo. La seule limite à l'utilisation du film est en fait la fin de la production de l'argentique (à l'instar du célèbre Kodachrome en octobre 2006) de l'incompatibilité nouvelle des nouveaux supports (nouvelle piste son cyan en 35mm), etc.

L'importance des festivals de collectionneurs comme les "Les Cinglés du cinéma " à Argenteuil ou des associations (l'A.L.IC.C, Cinescopie, le Ciné-club 9,5 de France) ou encore des réparateurs (comme l'Atelier de Célestin à Montrouge) sera croissante dans les années à venir car les difficultés techniques vont devenir plus nombreuses (pour trouver des lampes, etc..). Il faudra plus encore qu'auparavant se rencontrer pour échanger (conseils et petit matériel) et sauver des films.

Il existe des associations liées à la collection de films même s'il ne s'agit que de films d'édition qui éditent des revues (parfois très érudites) ou au moins un compte rendu d'activités. Voir en liens.

 

III) Des conseils pratiques

Bien sûr, nous ne pouvons à titre individuel généralement respecter les conditions de conservation idéales définies qui sont de pas plus de 50% (+ 10%) d'hygrométrie et 11/12°C (+2°) de température ambiante pour le film en Noir et Blanc ou entre 3 et 8°c pour la couleur dans des boites en polyéthylène (en "plastique"). L'ECPAD a ouvert en 2007 deux "poudrières" pour le stockage de ses films capables de réaliser un 35% d'hygrometrie et 3°c comme l'offrent certains prestaires stockistes. La température et l'hygrométrie étant les conditions premières du vieillissement accéléré des collections. Les spécialistes helvétiques indiquent même qu'à 20% d'humidité et 4°C, les films tiendraient 800 ans ! Sans vouloir jouer à Highlander pour vérifier, je suis sceptique. L'idéal étant simplement une cave sèche ou un grenier bien isolé (du fait des amplitudes thermiques).

Le lavage "imparfait" d'une copie au laboratoire lors d'un tirage peut entraîner la présence de composants chimiques comme le formol. Ils s'avéreront plus tard nuisibles à la conservation de l'émulsion, voire même du support, sans que l'on puisse le suspecter dans les premières années de la "vie" d'une copie. De même, des procédés techniques "couleur", dérivés de "lAgfacolor" de 1939 (mais aussi surtout les plus récents), sont susceptibles de ne pas conserver les couleurs d'un film couleur ! Alors que celles en Technicolor d'origine tiennent très bien. En pratique, presque tous les films en couleurs que vous pouvez posséder sauf ceux en Technicolor n4 vireront ou sont déjà virés (généralement) au rouge ou au "pastel".
Pour ces raisons, il est très intéressant de remarquer que, en dehors de toute logique chronologique, nous observons, suivant les années et les procédés de tirage, que les copies positives ne se conservent pas de la même façon, bien que toutes stockées dans des conditions de température voisines.
Au sujet de ce problème de "virage" (qui existe pour tous les formats et procédés de films couleurs sauf le Technicolor "historique" par imbibition) il est possible à la projection d'utiliser des filtres de compensations (bleu ou vert) qui peuvent parfois rattraper une partie du problème.

Certains films, cpeuvent rendre l'âme au niveau du support pour des raisons d'instabilité chimique (liées à l'acide acétique) via le dit "syndrome du vinaigre". Il peut être aidé par : l'humidité, une mauvaise ventilation mais aussi les changements de température (exemple la canicule de 2003 ?) et peut même ressembler à la "violence" de la décomposition du support nitrate !

Voir, ci après, le lien vers un article en ligne que j'ai écrit pour Family Movie (une société spécialisée dans la numérisation des films) .

- lien externe : familymovie.fr/Histoire-Support-Argentique (sur l'entretien des films et les les menaces comme le syndrome du vinaigre qui menancent les collections)

Ci dessus une bobine de French Cancan et son syndrome du vinaigre alors que la copie était encore très belle 2 ans avant ! Même l'acier du carter est attaqué. Quant à l'odeur, il s'agit (d'où le nom) d'une très forte odeur de vinaigre.

Certaines autres maladies (champignons ci dessous) peuvent aussi s'attaquer aux films et faire disparaître l'émulsion mais aussi le support lui même. Les films devront tout simplement être nettoyés de ces agents biologiques par un coup de chiffon énergique ou éventuellement, mais avec prudence, avec des produits dédiés.

Dans la série : "C'est toujours le cordonnier le plus mal chaussé", nous avons été victimes en 2005 d'une "attaque de champignons" proliférants suite à une conjonction de facteurs : surcharge, humidité liée à une cave voisine inondée, forte chaleur, mauvaise aération et probablement palettes de bois contaminées par des agents biologiques). Les sacs plastiques n'ont dans certains cas pas arrêter cette "mousse" (mérule) apparue en quelques mois mais seuls quelques photogrammes y ont laissés leur peau.

Les scotchs (non cinéma) sont aussi très nuisibles car ils collent et bavent avec le temps, il vous faut des scotchs ou des colles non acides que l'on ne trouve qu'en de rares endroits. La colle film (qui n'est pas compatible avec le polyester) implique une opération plus "lourde" qui entraînera une toute petite épaisseur (saillante) et une rigidité qui peut parfois poser problème au projecteur (même si l'opération de biseautage au rasoir fait plus pro et laisse intact le photogramme). Le renforcement des collages (dont la durée de vie est aussi variable que les scotchs) demandera parfois justement un renforcement au scotch qui du même coup lissera le film. Signalons aussi qu'il existe aussi des colleuses à chaud qui soudent bout à bout les films et de petites machines spéciales (Cinecare, Cinebug) capables de réparer plusieurs métres de perforations abîmées.

Ci dessus trois colleuses 16 mm , 35 mm et 70 mm (zoom possible).

Les films doivent être enroulés ni trop serré, ni de manière trop lâche. Les carters doivent être droits (et pas déformés).

Bien sûr, nous avons tous des copies qui ont connu une exploitation ou des locataires pas très expérimentés et sont fatiguées sur le plan mécanique par les flottements lors des passages dans le projecteur ou l'enrouleuse. Il est à ce propos très important de mettre le plus d'amorce possible au lancement car c'est là que les films s'abîment le plus.

Sachez que le potentiel théorique d'un film acétate est au grand maximum de 1000 passages, ce qui laisse présager des vies bien remplies qui aujourd'hui nécessitent un contrôle rigoureux des collages. Paradoxalement, sachez que même un film rayé aura un potentiel dans le futur, grâce à la restauration numérique!

Il faudrait donc être indulgent lorsqu'on regarde un film en argentique car sa puissance est entre les rayures et le numérique pourra permettre d'en tirer la quintessance lors d'une restauration.

Enfin certaines boites s'oxydent plus vite que d'autres (et pas forcément les plus vielles, en particulier celle de marque Fuji), voir la photographie ci dessous d'une boite qui a 20 ans grand maximum !

Il va sans dire que l'humidité est une des premières menaces.

Le film peut être piqué et gravement endommagé par la rouille qui mange les boites, il faut alors les changer sans attendre. Ce n'est pourtant pas facile en 16 mm, car trouver des boites neuves en plastique à des prix raisonnables est difficile. Mettre par défaut des films en 16 mm dans des boites de 35 mm (généralement gratuites) pose le problème de l'écrasement des bobines dans les piles, car 2 bobines de 16mm avec leurs carters ne rentrent pas tout à fait dans une boite de 35 mm, ce qui est dangereux à long terme pour la copie.

Contrôler régulièrement ses films semble être un réflexe utile même s'il est parfois fastidieux. Lors des changement de boites, renotez tout ce qui était noté dessus même si cela ne vous semble pas toujours utile sur le moment.

Pour la conservation, le sens idéal de l'enroulement pour l'émulsion (partie mate) est lui aussi objet de discussion (nous conseillons ici l'intérieur).

Pour ce qui est des recettes, comme les papiers journaux dans la boite ou l'inversion du support à l'enroulement, un film d'huile de paraffine, j'ai lu et vu des choses contradictoires sur le sujet et certains le déconseillent vivement alors que d'autres le recommandent, alors...? Dans notre cas, des films stockés avec un journal depuis 50 ans ne semblent pas s'en plaindre (et c'est sympa de retrouver le dit journal). Pour ce qui est du sens des bobines, la verticalité nécessaire aux supports magnétiques comme les K7 vidéos ne s'impose pas aux films de cinéma, généralement non magnétiques (bien que les piles trop grosses soient dangereuses).

Pour les films avec des pistes sonores magnétiques, la conservation est finalement meilleure que ce que l'on pouvait escompter il y a quelques dizaines d'années.

Au sujet du nettoyage des copies, le Trichloréthylène semble être le produit miracle (d'autant que très volatile, il ne restera pas sur vos films) mais chacun à sa petite recette allant de la bave ! en passant par l'incontournable paraffine etc. L'usage du trichlo est aussi recommandé pour les appareils avec l'alcool à 90° mais sont proscrits l'alcool à brûler et l'acétone (même si ce dernier produit à parfois un usage, sous fomes de vapeurs, pour "détendre" le nitrate). et l'alcoll à bruler en fine couche dans certaines configuatiopns pour le film . Il existe cependant des produits spéciaux en vente sur internet comme le « Vitalfilm » ou « Film Nettoyeur ».

Le site très intéréssant site Internet Super 8 Bauer Nizo propose des produits à la vente cet un ami sellier tapissier vend le petit velour noir qu'utilise beaucoup d'établissements comme Ciné-Archives ou les prisons de femmes qui travaillent pour l'I.N.A de même que les prestataires privés spécialisés en france ou délocalisés à l'étrnager (en raison du temps de traitement et la main d'oeuvre nécéssaire).

Rappelons également quelques généralités comme : le fait que le son (optique) correspondant à l'image est à 26 images en dessous en 16 mm et 20 en 35 mm ou que les codes Eastman-Kodak sous forme de symboles (carrés, ronds, croix etc..) en travers du film à coté du "Safety" permettent de dater la copie dans un cycle tout 20 ans entre 1922 et 1981 puis chaque année avec un code à trois symboles depuis 1982 (rond, carré et X).

Ci dessus la boite idéale mais avec un voile (façon polyuréthane) qui a une facheuse tendance à se désagréger. Il faut l'enlever avant qu'il ne colle.

En ce qui concerne le stockage du 35 mm, (que sur la base de mon sondage un collectionneur sur deux possède) la question est plus complexe car l'encombrement est maximal (25kg pour 1 seul film). La tendance est chez les collectionneurs pour des raisons opérationnelles, de ranger ses films en 2 bobines de 1800m sans carter mais les risques que le film se déboîte sont importants et le stockage vertical est indispensable. Sur le long terme, il semble aussi que le stockage vertical par définition sur une faible surface de contact au sol est nuisible sur le plan de la pression qui entraînera une déformation.

En général, les centres d'archives audiovisuelles que j'ai visités comme La cinémathèque Robert Lynen (de Paris) ou la Cinémathèque française (au fort de St-Cyr) rangent leurs boites de 16 mm dans le sens vertical (bien que le sens horizontal soit plus logique et dans les recommandations des spécialistes). Le 70 mm (hé oui... ça fait rêver !) de la Cinémathèque française est lui dans de très grosses valises en métal dans le sens vertical (sauf les films soviétiques dans leurs boites d'origine à plat).

Certains laissent le film dans ses boites d'origine (comme les pros), ce qui demande plus de temps pour le monter et le passer. Une bonne solution (mais plus complexe et coûteuse) est de bricoler des boites de rangements en bois pour bobine de 1800m avec une poignée pour la transporter plus facilement (mesures 62x62x5 cm (avec des parois de 0,5 à 1cm).

Enfin, au sujet de votre salle, pensez d'ailleurs, même chez vous pour votre famille et vos amis à indiquer les issues de secours (si possible 2), posséder des extincteurs à jour ainsi qu'une installation électrique aux normes avec maintenant un détecteur de fumées.

Ci dessus une bande vidéo magnétique deux pouces au CNDP.
Ces vidéos sont finalement bien plus des "antiquités" que n'importe quel film car il n'exite souvent plus de moyens de lecture dans les établissements qui les conservent. Il faut ainsi garder à l'esprit que les machines sont aussi importantes à conserver que les supports. (zoom possible).

 

Conclusion :

- Le numérique est l'avenir de la conservation des images et des sons, mais comme toutes nouvelles technologies, il doit être rodé, au risque de ne plus pouvoir voir les films dans les conditions originales de qualité.

Le meilleur rapport de qualité image et de conservation en haute définition des images animées est toujours le support "photochimique argentique" 35 ou 70 mm, en attendant une évolution vers un réelle amélioration du rapport qualité technique de l'image / facilité de lecture de cette "qualité cinéma" par des supports numériques au même niveau que le film.

Les organismes officiels nous ignorent et nous méprisent (généralement), les éditeurs vidéos (surtout les plus importants) ne veulent que des titres qui "marchent" et font parfois jouer la corde de la répression... mais aidons les quand même par amour des films et du Cinématographe à conserver les films.

De manière ambivalente, la distribution numérique change, à mon sens, positivement la donne en favorisant un mode de distribution UNICAST « à la demande » (en VoD, etc.) selon la logique dite de la « long tail », qui rendra rentable ou au moins « consommable » n’importe quel film même le plus pointu des documentaires… du moment qu’il peut encore être… numérisé ; ainsi, même le film institutionnel redevient « un actif » pour un site Internet vitrine.... Du moins en théorie.

Au-delà de la seule dimension patrimoniale de ces collections, elles pourraient devenir des relais par exemple pour des besoins programmatiques ponctuels alors que la diffusion des films va de plus en plus s’effectuer sous la seule forme numérique, ce qui risque d’exclure les trop nombreux films non rentables à numériser.

Cela étant que les exploitants ou les distributeurs de cinéma se rassurent, je ne veux en aucune manière favoriser une exploitation commerciale ou même publique des films de collectionneurs (du moment qu'il sont l'objet d'un droit d'auteur) en dehors du système, ni être une bourse d'échange de films (il y a des sites pour ça) et suis encore moins un "marchand" (donc pas la peine de m'écrire pour des estimations de projecteurs ou de films, etc.).
Je voudrais juste aider les "petits Langlois" à conserver dans leurs Cinémathèques et essayer de sauver ce qui pourra l'être tant sur le plan du matériel technique (projecteurs, etc.) que des films (en particulier ceux qui sont délaissés par les institutions publiques, comme les films de famille, les films institutionnels, les documentaires, les séries B, etc.).

Bien que les collections privées de films ne stimulent pas la curiosité (chez les universitaire et certains profesionnels), il faut renouer les liens, au plus vite, après des décénies de ruptures entre amateurs et professionnels de l’archive de cinéma même si cela ne pourra se faire que dans un climat assaini en qui concerne la question du droit.

J’essaye donc, dans un pays comme vous le savez très fier de son patrimoine et sûr de lui-même, de sensibiliser les personnels des centres d’archives institutionnels, ou des chercheurs à des ressources méconnues dont le potentiel est jugé trop souvent et « a priori » sans grande valeur.

Dans le cadre de ma recherche doctorale, j'ai, par exemple, initié une première "Rencontre entre les collectionneurs privés et les centres d'archives cinématographiques" à la Cinémathèque française du samedi 12 janvier 2008 et j'espère que les bonnes résolutions prises, de part et d'autres, de rétablir le contact seront suivies d'effets. Outres les articles de Infos-Ciné, un compte rendu par la B.I.F.I : http://www.bifi.fr/public/ap/article.php?id=246

Une seconde rencontre a eu lieu le 28 mars 2009 toujours à la Cinémathèque française. Ci après la très bonne synthèse sur son site : http://www.bifi.fr/public/ap/article.php?id=299

Ci après un lien vers ma page de mes activités profesionnelles liées au sujet (enseignement, conférence et recherchiste de films ou consultant y compris sur le sujet des fonds d'archives via une plaquette dédiée) et vers deux sites partenanires cinedepapa.com (pour des animations et expositions) et normandprod.fr (pour de la numérisation de films).

Continuons donc à collectionner du film argentique, des projecteurs etc. aussi parce que ce sont de beaux objets ! Les images que l'on projette avec un projecteur de cinéma, même depuis une copie fatiguée sont les ombres réelles des photons de lumière qui ont ricoché sur les acteurs.
Le Cinématographe ... c'est aussi beaucoup de magie et de charme !

Des revues associatives existent en France pour les passionnés de la collection en argentique comme Infos-Ciné (organe de l'A.L.I.C.C auquel je collabore depuis le n°63 d'avril 2006), Cinescopie et celle du Cine-club 9,5 mm de France.

Que vive le cinéma !

Ne jamais jeter un film... c'est un sacrilège !

Je tiens à vous rappeler ici que vous pouvez déposer vos copies à la Cinémathèque française tout en restant leur propriétaire (ce que j'ai moi même fait pour des films en 35mm). La Cinémathèque vous offre sa garantie que vous pouvez, à tout moment, récupérer vos films et qu'ils seront conservés dans des conditions idéales.
C'est en outre un moyen pour vous de participer à la préservation du patrimoine Cinématographique !

Ci dessus ma pomme (Batfred) en vacance chez Jeannot (voir les pages sur la collection) vers 1997. Au fond un projecteur 35 mm National, au centre le 16 mm professionnel Fumeo (optique / magnétique), à droite le cube gris est un vidéo projecteur Tri-LCD Sony et au premier plan, la "valise" est un projecteur Hortson portable 16 mm (très courant) bien adapté aux films fragiles.

Si vous aussi vous êtes un collectionneur de films, un cinéphile etc..
n'hésitez pas à me contacter par mail sur ce sujet mais PS pas pour des estimations car je suis beaucoup de choses mais pas un brocanteur !

(Copyright Frédéric ROLLAND 1997 - 2012)

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