Jeannot le collectionneur de films
Première partie (1 sur 4)
Cinematographe.org
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Ancien restaurateur dans le 15ème arrondissement à Paris et aujourd'hui à la retraite, Jeannot, mon grand-oncle vit en Bourgogne et se consacre à ses passions : la bonne bouffe (qui fait la joie du village dont il est adjoint au maire) et surtout sa collection de films. Comme à Paris, où le sous sol de son restaurant, rue Tiphaine (sujet d'un numéro de l'émission Les Amoureux du Cinéma début 1987) était connu des cinéphiles et de Maurice Pialat, (qui y tourna Loulou), il a installé chez lui une salle de cinéma avec un écran de 3,80 m de large sur 2,10 m de haut.
Sa collection privée de centaines de films de toutes durées (dont plus de 620 longs métrages argentiques), de presque tous les formats (16 mm, 35 mm et quelques 9,5 mm ) ainsi qu'une vingtaine de projecteurs fait ma joie de cinéphile et aorienté mes études d'autant que je prends, petit à petit, la relève en faisant mes propres acquisitions depuis 1999. Nous arrivons, aujourd'hui, de façon cumulé, à un total d' environ 3000 unitaires avec les publicités et les bandes annonces. Jeannot est un vrai amoureux du cinéma, un passionné qui un peu comme Henri Langlois en son temps à la Cinémathèque française... mais en plus modeste (bien qu'à parité avec certaines cinémathèques thématiques ou régionales). Il garde une petite part du patrimoine cinématographique, pour sa préservation mais aussi pour le plaisir du contact avec le support cinéma (photochimique).
C'est suite à un gain à la loterie nationale en 1942 que son père (mon arrière grand-père) achète un premier projecteur 9,5 mm et que Jeannot commence à projeter. En 1948 Jeannot il fait l'acquisition de son premier projecteur personnel et déjà ses premières copies en 16 mm mais n'en acquière en quantité qu'à partir de 1958 (elles sont aujourd'hui l'essentiel de la collection). Finalement, il s'équipe dans les années 1970 de deux projecteurs 35 mm "National" avant son installation définitive en Bourgogne en 1987. Depuis
1999, la salle est aussi équipée en vidéo-projection
avec un ensemble DVD idoine qui, bien que n'ayant pas la définition
et le charme du cinématographe, permettent de voir dans de très
bonnes condition des titres qu'il est aujourd'hui impossible d'obtenir
en support film. En avril 2010, nous avons fait l'acquisition d'un équipement
Haute Définition qui clairement pose la question de la collection
de films sous un angle un peu différent qu'auparavant pour de
nombreux collectionneurs. Ci dessus Jeannot en 2010 avec un nouveau projecteur chinois 104X (zoom possible) Sa belle maison au bord d'un lavoir est devenue au fil du temps un petit musée du cinéma souvent visité par les écoles de la région et Jeannot est devenu une célébrité locale. Il est également en relation avec des associations culturelles cinéphiliques de la région comme le Ciné-club d'Avallon, de Tonnerre, d'Auxerre, etc. (voir la page de liens). Et nous tentons depuis une quinze ans de renforcer ces liens dans un cadre cependant limité par les réalités juridiques.
Les
films ne sont pas tous forcément rares mais il est déjà
arrivé que des ayants-droit où des distributeurs n'aient
par le passé recours à lui n'ayant pas conservé
une copie de leurs propres films. Outre ce premier volet "patrimonial",
je suis persuadé que, dans les années à venir,
après le basculement de l'exploitation au numérique, il
va devenir difficile de trouver certains titres (peu rentable à
numériser) et il est très probable que ces fonds privés
vont devenir intéressants d'un point de vu "fonctionnel"
pour des programmateurs de festivals. Des idées préconçues circulent sur les collectionneurs de films, surtout de la part de ceux, très nombreux, qui ont perdu contact avec le film comme objet. Beaucoup n'ont même pas conscience de leur existence (parfois au sein même des cinémathèques) d'où ma thèse de doctorat (soutenue en novembre 2009) sur Les collections privées de films de cinéma en support argentique en France et mes initiatives de rencontres entre les deux rives du monde comme celle entre des professionnels amateurs de l'archive de cinéma à la Cinémathèque française en 2008 et 2009.
Que les exploitants et distributeurs se rassurent nous ne faisons aucune forme d'exploitation publique. C'est en famille et parfois avec nos amis que nous profitons du cinématographe même s'il est déjà arrivé par le passé à Jeannot d'aider en équipements des ciné-clubs (via son projecteur portable 16 mm) ou de faire une fois par an un ciné-concert avec des films muets tombés dans le domaine public. Signalons d'ailleurs que depuis une cassation de 1973 (non déjugée depuis) la possession n'est pas interdite même pour le 35 mm même s'il en va différemment des échanges importants en volume dans ce format.
Les collectionneurs de films sont aujourd'hui moins nombreux avec le développement de la vidéo projection et (suivant une étude que j'ai réalisé en 2006) ils ont plus de 60 ans de moyenne d'âge.. Certains "acharnés" ont cependant même du 70 mm, plusieurs milliers de titres ou jusqu'à 1000 projecteurs (voir la page sur la conservation des films qui leur est destinée ou encore celle sur les supports ou encore celle des liens vers les associations dont l'A.L.I.C.C.) ! Beaucoup oublient que sans les collectionneurs privés de films il n'y aurait, le plus souvent, pas de collections de films (même publiques) et il faut donc les respecter. Ci dessus lien vers un direct de France 3 Bourgogne Franche-Comté pour l'émission "Ça manque pas d'air" présenté par Jean François Lapchine avec Jeannot et moi, le 25 octobre 2010 (durée 10 minutes). http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/evenement/cmpda/
Ces quelques pages sont donc une petite visite virtuelle (en 4 pages) d'une de ces collections pour vous faire partager la passion de Jeannot qui est aussi la mienne. |